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Guide de référence

Piloter la campagne du solde de la taxe d’apprentissage

Depuis SOLTeA, le solde de treize pour cent de la taxe d’apprentissage n’arrive plus par habitude: si l’employeur ne flèche pas votre établissement, les fonds partent en répartition par défaut. Ce guide décrit la campagne telle qu’elle se déroule vraiment pour un responsable des relations entreprises, du tri des conventions de stage au dernier état de versement, avec les gestes qui séparent une collecte tenue d’une collecte subie.

  • Mis a jour le
  • 9 minutes de lecture
  • Jimenez Julien

Ce que la répartition par défaut change pour votre établissement

Le solde de la taxe d’apprentissage ne se collecte plus, il se flèche. L’employeur se connecte à la plateforme, cherche un bénéficiaire, répartit son montant. S’il ne fait rien, la somme n’est pas perdue pour tout le monde: elle est redistribuée selon une clé nationale, au bénéfice d’une liste où votre établissement pèse très peu. Chaque euro non affecté par une entreprise que vous formez pourtant chaque année finit donc par financer autre chose que vos plateaux techniques.

Cette mécanique produit un effet contre-intuitif: un établissement peut très bien accueillir plus d’apprentis que l’année précédente et encaisser moins de solde. Rien, dans la relation avec l’entreprise, ne signale la rupture. Le tuteur reste chaleureux, la convention de stage se renouvelle, et pourtant le service comptable n’a rien fléché en juin. Tant que personne ne compare nominativement les versants d’une campagne à l’autre, la perte reste invisible jusqu’au bilan, et il est alors trop tard.

Le calendrier officiel, et pourquoi il ne pardonne pas

La campagne d’habilitation se joue en amont, la première période de répartition s’ouvre le 26 mai, une seconde période suit, et tout se ferme le 21 octobre. Entre ces deux bornes il y a juillet, août et une rentrée. Le responsable des relations entreprises qui découvre à la mi-septembre qu’il lui reste la moitié de sa cible à aller chercher dispose de quelques semaines, pendant lesquelles ses interlocuteurs comptables rattrapent eux aussi leur propre retard d’été.

La conséquence pratique tient en une phrase: tout ce qui peut être préparé avant le 26 mai doit l’être avant le 26 mai. La base d’entreprises, le libellé exact, le numéro UAI, les captures du parcours de recherche, la répartition nominative des relances entre chargés de relations entreprises, rien de tout cela ne se fabrique correctement pendant la période de répartition. Le jour de l’ouverture, le seul travail qui devrait rester est d’appuyer sur envoyer.

Les cinq bornes à tenir

  • Février à avril, réunir les fichiers sources et dédoublonner par SIRET
  • Avant le 26 mai, figer le libellé exact, le numéro UAI et les captures
  • Le 26 mai, envoyer le kit de fléchage le jour même de l’ouverture
  • À chaque état de versement reçu, rapprocher puis relancer les non versantes
  • Avant le 21 octobre, traiter les perdues, entreprise par entreprise

Constituer la base d’entreprises avec ce que vous possédez déjà

Beaucoup d’établissements croient devoir acheter un fichier. C’est presque toujours faux. Les conventions de stage classées dans un placard sont déjà une base d’entreprises partenaires: elles portent la raison sociale, le SIRET, le nom du tuteur et la date de la relation. Ajoutez les contrats d’apprentissage, les états de versement des campagnes précédentes et le fichier d’anciens élèves, et vous obtenez plusieurs centaines d’établissements employeurs que vous pouvez légitimement recontacter avant l’ouverture.

Le travail utile n’est pas la collecte, c’est la mise au propre. Une même entreprise apparaît trois fois, sous trois libellés, avec deux adresses et un contact parti. Le dédoublonnage se fait sur le SIRET, jamais sur la raison sociale, et chaque fiche doit finir avec une personne nommée et une adresse de courriel qui fonctionne. Une fiche sans interlocuteur identifié n’est pas une entreprise sollicitable, c’est une ligne de tableur qui ne produira jamais un versement.

Les quatre sources qui suffisent

  • Les exports de conventions de stage des trois dernières années
  • Les contrats d’apprentissage, employeur par employeur, avec le nom du tuteur
  • Les états de versement des campagnes précédentes, montant compris
  • Le fichier d’anciens élèves, pour les postes qu’ils occupent aujourd’hui

Le libellé exact et le numéro UAI, la pièce qui manque presque toujours

Voici la scène la plus coûteuse de toute la campagne. Un service comptable décide de vous flécher, ouvre le moteur de recherche de la plateforme et tape votre nom d’usage. La plateforme attend le libellé officiel rattaché à votre numéro UAI, qui peut être un nom juridique ancien, une dénomination académique ou l’intitulé d’un organisme gestionnaire. Au bout de deux essais infructueux, la personne referme l’onglet et passe au dossier suivant.

Cette perte est particulière parce qu’elle ne laisse aucune trace chez vous. L’employeur qui abandonne dans le moteur de recherche ne vous appelle jamais pour le signaler, et il figurera dans vos statistiques comme une entreprise qui n’a pas voulu verser. C’est la première cause de fuite du solde, et c’est aussi la moins chère à corriger: il suffit que le libellé exact, le numéro UAI et le chemin de recherche accompagnent chaque sollicitation.

Le kit de fléchage, ce que l’entreprise doit vraiment recevoir

Une demande vague appelle une réponse vague. Un message qui rappelle l’existence de la taxe d’apprentissage et invite à penser à l’établissement obtient poliment un accord de principe, puis rien. Le kit de fléchage fait l’inverse: il donne au comptable tout ce dont il a besoin pour terminer l’opération dans la minute. Il est adressé à la personne qui saisit réellement la répartition, et il est signé par celui de vos collègues qui suit l’apprenti chez elle.

Le montant suggéré mérite un mot. Proposer un montant cohérent avec ce que l’entreprise a versé lors des campagnes précédentes évite deux échecs symétriques: la demande hors sol qui fait fuir un employeur de dix salariés, et le fléchage symbolique d’une entreprise qui vous versait auparavant un montant substantiel. C’est aussi la seule façon de transformer une reconduction tacite en décision explicite, prise cette année, avant la fermeture de la période.

Ce que contient un kit de fléchage utilisable

  • Le libellé exact sous lequel votre établissement apparaît sur la plateforme
  • Votre numéro UAI, écrit en clair et recopiable
  • Le parcours de recherche et de répartition en captures d’écran commentées
  • Un montant suggéré cohérent avec l’historique de versement de l’entreprise
  • La signature de la personne qui suit l’apprenti, avec sa ligne directe

Rapprocher l’état de versement et la liste des sollicitées

La Caisse des Dépôts et Consignations transmet les états de versement au fil de l’eau. Chacun arrive sous forme de liste brute, et c’est là que la plupart des campagnes s’arrêtent de penser. Personne, dans un service développement de deux personnes, ne compare ligne à ligne l’état reçu avec celui de la campagne précédente et avec la liste de ceux que l’on a sollicités. Le fichier est ouvert, le total est noté, et il est refermé.

Ce rapprochement est pourtant le seul geste qui transforme une liste en décisions. Il répond à trois questions que le total ne dira jamais: qui a fléché, qui figurait dans l’état de l’an dernier et n’y est plus, qui a versé sans figurer dans votre liste. Fait à chaque état reçu, il vous rend une liste de travail alors que la période est encore ouverte, ce qui est exactement la différence entre piloter et constater.

Les trois cohortes: fidèles, perdues, nouvelles

Le rapprochement produit trois listes nominatives, et pas un pourcentage. Les fidèles ont versé l’an dernier et cette année: elles n’ont besoin de rien, sauf d’un remerciement rapide et d’une attestation. Les perdues figuraient dans l’état précédent et ont disparu du dernier: ce sont vos euros les plus accessibles, parce que la relation existe déjà. Les nouvelles ont versé sans figurer dans votre liste de sollicitées: il faut savoir qui les a orientées vers vous.

Le tri a une vertu opérationnelle immédiate: il change le contenu des messages. On n’écrit pas la même chose à une entreprise qui vient de flécher, à une entreprise qui vous versait mille huit cents euros depuis quatre ans et qui a cessé, et à une entreprise dont vous découvrez le nom sur un état. Une campagne pilotée sur un tableur envoie le même message aux trois, parce qu’elle ne sait pas les distinguer avant novembre.

Ce que vous faites de chaque cohorte

  • Fidèles: remerciement sous quelques jours, attestation nominative et page publique
  • Perdues: relance prioritaire, dans l’ordre décroissant des montants versés autrefois
  • Nouvelles: qualification du contact, de la filière et de l’origine, pour l’an prochain

Reconquérir les perdues avant la fermeture de la seconde période

La reconquête ne se joue pas sur le volume, elle se joue sur l’ordre. Une entreprise qui vous versait un montant à quatre chiffres pendant quatre campagnes et qui a disparu de l’état pèse davantage que trente premiers contacts. On classe donc les perdues par montant versé antérieurement et par ancienneté de la relation, et on travaille cette liste courte au téléphone plutôt qu’au publipostage. Sur cette cohorte, environ un tiers des entreprises flèchent de nouveau.

Le message de reconquête ne reproche rien et ne suppose pas un refus. Dans la grande majorité des cas, l’entreprise n’a pas décidé de vous abandonner: elle a changé de comptable, elle a raté la première période, ou elle n’a pas retrouvé votre libellé. Il faut donc nommer l’apprenti ou le stagiaire accueilli, rappeler le montant de l’an dernier, joindre le kit de fléchage complet et donner la date de fermeture. Ce sont quatre éléments, et ils suffisent.

Remercier, attester, et préparer la campagne suivante

La fin de campagne n’est pas le 21 octobre, c’est le moment où l’entreprise versante reçoit quelque chose en retour. Une attestation nominative et une page publique de remerciement à votre charte coûtent peu et servent deux fois: elles alimentent la communication de l’employeur et ses obligations de reporting, et elles font de la reconduction de l’an prochain une évidence plutôt qu’une négociation. C’est le meilleur argument de fidélisation d’un service développement.

Reste le rapport. Collecte comparée à la campagne précédente, par filière et par territoire, taux de reconquête, montant moyen fléché, canal qui a fonctionné, et surtout la liste nominative des entreprises à travailler dès la rentrée suivante. Ce document a une seconde fonction, rarement dite: il fixe la mémoire du service. Quand la personne qui suivait la taxe change de poste, une base dédoublonnée et un rapport comparé évitent de reconstituer quinze jours de travail de mémoire.

Les neuf enquetes du magazine

Comparatifs

Questions frequentes

Faut-il attendre la fin de l’habilitation pour préparer la campagne?
Non, et attendre coûte cher. L’habilitation et la constitution de la base d’entreprises avancent en parallèle. Les établissements qui obtiennent les meilleurs résultats importent leurs conventions de stage et leurs états de versement passés dès le mois de mars, pour que les kits de fléchage partent le jour même de l’ouverture.
Peut-on encore agir après la fin de la première période de répartition?
Oui, tant que la seconde période n’est pas close. La différence est qu’il faut travailler sur une liste courte et nominative plutôt que sur un envoi général. Après chaque état de versement reçu, on recalcule le montant restant et on repart des perdues classées par montant. C’est souvent la période la plus rentable.
Combien d’entreprises faut-il avoir dans sa base pour tenir son objectif?
Posez la question à l’envers: partez de votre objectif de collecte, divisez par le montant moyen fléché constaté lors des campagnes précédentes, et vous obtenez le nombre de versantes nécessaires. Rapportez ce nombre à votre taux de fléchage habituel pour connaître le nombre d’entreprises à solliciter avant le 26 mai.
Notre tableur tient déjà la liste des entreprises, qu’est-ce qui manque?
Trois choses. Le rapprochement de chaque état de versement avec la liste des sollicitées, qui seul révèle les perdues pendant que la période est ouverte. L’arrêt des relances dès le versement constaté, qui évite de harceler vos partenaires fidèles. Et la mémoire d’une campagne à l’autre, qui ne dépend plus d’une personne.
Que faire des entreprises qui n’ont jamais versé malgré nos relances?
Vérifiez d’abord qu’il s’agit d’un refus et non d’un échec de recherche sur la plateforme, ce qui est le cas le plus fréquent. Distinguez ensuite celles qui accueillent réellement un apprenti, qui restent prioritaires, de celles avec qui la relation est éteinte. Ces dernières sortent de la séquence mais restent dans la base.

Les ressources de la campagne du solde

Si vous voulez ensuite voir les trois cohortes sur vos propres fichiers, demandez une démonstration. Nous reprenons un de vos états de versement et votre liste de sollicitées, et nous affichons en séance vos entreprises fidèles, vos perdues depuis l’an dernier et vos nouvelles à documenter.